Réveil dans une belle et grande maison, toute de bois et d’objets des quatre coins du monde. Je me sens comme en vacances. C’est étrange, ce n’est pas exactement le même sentiment que sur la route.
Hervé et Dominique, les parents d’Inès, travaillent pour la télé. De Frou Frou à Fort Boyard, de Bernard Rapp à Ardisson, ce sont eux les vrais enfants de la télé, n’en déplaise à Arthur. Dominique était documentaliste et archiviste… elle en veut beaucoup à Artbur et son émission de s’être servi avec tant de mépris des archives familiales.
Avec des amis, elles font un travail de collecte de films personnels. Il faut écarter les mariages et les communions, dit-elle, et on trouve des pépites imparfaites, maladroites, pleine d’émotions. Hervé se charge parfois du montage. Il est cadreur, spécialisé dans les caméras motorisés sur des grues ou des filins. Il est plutôt taiseux mais au matin, au-dessus d’un café, il évoque des moments magiques lors de captation de concerts, quand on fait corps avec le show.
Dominique est très volubile, elle nous embarque dans une grande visite du Cap. Les grosses maisons cachées dans les pins. Le bassin d’un côté dont elle loue les levers de soleil, l’océan à quelques dizaines de mètres de l’autre bord après la dune. Je n’ai jamais vu une telle concentration de méharis. Les Tesla doivent être au garage.
On retrouve leurs amis, Georges et Albane. Dans sa petite galerie, entouré de ses chers chef-d’œuvres de peintres du bassin, Georges observe avec flegme le passage d’une pseudo chineuse qui veut lui revendre quelques exemplaires défraîchis de « L’illustration ».
La bande d’amis est dans le collectif artistique oligoptique des Bottes de sept lieux. Leurs installations s’appuient sur leur collecte : alios, garluches, huîtres à l’étrange couleur pourpre, papiers washi d’algues et teints à la soupe de clous rouillés.
Le soir, merveille hasardeuse, une velorution a lieu à la petite gare d’Arès. On dévore quelques tacos avant la projection de « Jour de fête » de Jacques Tati. François, le facteur à l’amérrrricaine, est depuis belle lurette un de mes parangons de style cycliste. On jubile avec Inès, posés dans le canap de la salle des fêtes.
Dans la nuit, autour d’une tisane, on refait le monde des positions radicales à tenir, de la stratégie du call-out, et de savoir comment être en phase avec un projet qu’on veut éditer quand tout n’est pas binaire.
Le dimanche, je m’immerge par deux fois. Lecture en baignoire au matin et plouf dans les vagues l’après-midi. Je termine, avec une petite larme, mon roman sur la plage, pour la dernière journée face à la mer ; décidément les hasards n’en sont pas.


















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