Je quitte les rivages de l’estuaire pour m’enfoncer dans les terres. Dans les vignes, de maigres tracteurs pulvérisent de ci de-là. Ça monte et ça descend dans les collines, je sens que Bromitt est heureux de rouler autrement qu’en ligne droite. Peu à peu j’arrive dans les sous-bois, ça me fait penser aux vacances en Lorlogne. J’aime décidément beaucoup rouler dans ces futaies de petits chênes.
En approchant de Saint-Ciers, un attelage tourne sur une piste en plein champ. Le jockey qui conduit est en tenue, jambes à l’écart sur les barres.
Le chemin qui mène chez Séverine est signalé par un joli panneau à la main. Je laisse un tracteur pulvérisateur prendre du champ et j’entre dans le domaine des collines.
Séverine, Jérôme, Ninon et Lou m’accueillent avec de grands sourires. Je suis un peu baba devant leur chez eux. Une maison de conte de fées ceinturée de fleurs et posée au cœur des arbres, quelques tables et chaises entre les bosquets. Un cheval de manège et une nymphe de fête foraine à l’entrée du chemin. L’intérieur est à l’avenant. Pierres, bois, livres et belles images au mur. Sur le lit m’attend “Colette”, le livre qu’on a fait ensemble.
Silene nous fait la surprise de passer. On parle écriture, anarchisme, céramique, droit d’auteur, résidences amicales et professionnelles, Hanna Arendt et Pierre Bordage, comment se concilier avec le système.
Le soir, sur une pâte maison, chacun fait sa pizza à partager.
Je n’ose pas trop faire des images de leur petit paradis, j’ai la sensation qu’il doit rester mystérieux.







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