16th leg. Royan – Blaye

Je quitte la ville sous un ciel maussade, après m’être battu (et avoir perdu) contre une borne de gonflage vélo. Sur la plage d’énormes tracteurs de réensablement vont dans un sens. Dans l’autre, des fils de bonshommes fluo, bien droit, moulinent l’eau, en avançant parallèlement au rivage.

J’approche des derniers jours.

Je renâcle déjà à descendre de selle. Alors j’ai tripatouillé mon itinéraire et rallongé mes dernières étapes.

Je remonte l’estuaire sans avoir éclairci si à Royan on dit la mer, l’océan, la rivière ou le fleuve. Ce qui est sûr, c’est qu’on est au sud, vu qu’au petit-déj’ le beurre est doux, un point c’est tout.

Je me dis qu’il sera bon de revenir visiter ces villages perchés au dessus du fleuve.

Je réalise qu’à vouloir garder la mer à main droite, je roule depuis le début de ma ride au cœur des marais. Je zig et je zag sur de longs chemins rectilignes jusqu’à Blaye. Le vent de face ou de travers, j’adapte en fonction la positon du hordeux à pédales.

En écaillant mes œufs durs, je pense comme à chaque fois au Papou dont c’était le plaisir après que Mamie les ait fait cuire sur la gazinière.

Je termine les 90 kilomètres du jour sur une route bien passante, je dois retrouver dans un coin de mon cerveau la fonction concentration circulation. Ce n’est pas la plus stimulante.

À Blaye, la ville semble un peu éteinte, écrasée par sa grosse citadelle ?

Le fleuve roule comme un bras d’amazone.

Une fois de plus, je ne trouve pas de carte végé. Je me rabats sur le petit resto asiatique de la ville, ce sera wok poulet. Une belle fresque faite maison de Kung Fu Panda orne le mur du fond. Je reconnais la musique, familière mais inaccessible, du mandarin en écoutant la patronne parler en cuisine. 

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