Aujourd’hui, c’est régalades architecturales.
Rêve de gosse numéro 758 : embarquer pour Cordouan. (Encore une idée venue d’un Mini-Mag ou d’un Astrapi.)
C’est un phare en pleine mer qui marque l’entrée de l’estuaire de la Gironde. Depuis Royan, on ne voit qu’un trait dressé à la verticale à l’horizon.
À la sortie du port un beau marin vient amarrer à la vedette une barge de débarquement car on arrive au phare les pieds dans l’eau !
Les gardiens du phare nous accueillent. Daniel, short en jean, pieds nus et pull siglé Cordouan nous fait la visite. Dans cette colonne de pierres ouvragées, posée sur l’eau, on trouve rien moins qu’une chapelle et une chambre royale (aucun chef d’État n’ayant pourtant jamais mis un pied ici), surplombées de la même tourelle de phare comme celui de Peter et Elliot le dragon.
C’est l’orgueil du Prince Noir, de Henri IV et de Louis XVI, qui a fait édifié cet incroyable amer.
Je suis en prê-retraite, c’est la saison des visiteurs aux cheveux blancs. Le gardien se met au pas d’une vieille dame qui craint de ne pas arriver en haut des 301 marches. Elle est venue ici pour la première fois en 1948. La famille du gardien, sa femme et ses trois enfants, habitent juste en face sur la rive. Les gardiens font une semaine au phare, une semaine chez eux, puis deux semaines au phare, deux semaines chez eux. Ils sont quatre à se partager le service sur le phare. Ils ne font jamais plus d’une semaine ensemble à la suite. Leurs présences sont agencées en quinconces pour permettre la rotation.
Daniel a l’air tranquille et heureux en nous saluant de la main, alors que la barge roule en cahotant sur la longue bande de sable apparue avec la marée, avant de plonger vers la vedette de tourisme.
L’après-midi, j’arpente les rues à la Jacques Tati. Seule la cathédrale fait exception. C’est un vaisseau Sith… j’en mettrai ma main dans la lave. Je vous parie une poignée de crédit galactique que Georges Lucas a écrit ici le final de sa prélogie.
Au palais des congrès, c’est thé dansant. Quand de belles dames, cheveux argentées, jupes qui tournent, souliers rouges ballroom, sortent de la salle, les notes de My Way, à l’accordéon, s’échappent vers nous.
À quel genre de thé dansant ira-t-on à leur âge ? Est-ce que DJ Monique nous fera un feat avec MC Danse pour le climat sur un tempo électro ramollo ?
Avec l’hôtelier du Trident Thyrsé on parle jumeaux et jumelles. Il imagine déjà choisir pour chacun de ses quatre garçons, encore petits, des métiers comme mécanicien, plombier, menuisier… ça lui semble une bonne manière de résoudre le poids financier des études pour une famille nombreuse.
Je ne résiste pas, et je le mets à contribution pour me photographier dans ce si bath hôtel. Il a un petit sourire pendant que je prends la pause droit dans mes espadrilles.
Il m’apprend que la cafetière emblasonée de son Trident Thyrsé que j’admire au petit déjeuner s’appelle une égoïste.













































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