Au matin, je m’attarde chez Serge plutôt que de découvrir les bords de Loire. Il a accepté la présence d’un stagiaire en cursus illustration. Je prends un moment avec Mahé pour parler du projet sur lequel il travaille, il invente des créatures fantastiques. J’essaye de trouver les bons mots pour qu’il ose déployer son univers. On déjeune à quatre rejoint par son copain Arnaud. Les bonnes fritasses de Serge (trois bains successifs, s’il vous plaît), barbecue et petite salade de chou.
Je me remets en route. On fait la course entre une grosse barque de Loire et mon petit vélo. Puis vélo vertical de Tours à Niort.
Julien m’avait dit « c’est facile la maison de mon père, c’est la première à l’entrée du marais, tu ne peux pas la louper c’est celle avec les pancartes ». Ce soir là il n’y a qu’une grande banderole, dessinée, contre la guerre.
Christian m’accueille et me propose après un verre de me faire découvrir le marais, on enfourche nos vélos et c’est parti par les chemins. Les gens se saluent au passage. Mon hôte veut me faire visiter une ancienne chamoiserie, une des industries de la région. On faisait des gants et des sacs en peau de chamois, (en fait des chèvres du coin.)
De vieux bâtiments industriels sont éparpillés au bord de l’eau. Je me retrouve soudainement comme au cœur de ce cher site de Champigny avec des canaux en plus. Je veux vivre là ! Alors qu’on visite un bâtiment, on est rejoint par Béa, fière de nous faire visiter son moulin. Elle nous explique le fonctionnement des énormes foulons de bois qui servait à malaxer les peaux. Sa fille a improvisé un stand de coiffure et coupe les cheveux de son chéri au bord de l’eau. Elle nous propose d’en profiter en rigolant. Béa nous offre un verre chez elle. Elle vivait là avec Thierry artiste, sculpteur, malheureusement décédé.
Leur maison occupe le plateau d’un étage, les murs intérieurs sont en courbes organiques comme un Gaudì niortais. On se raconte un peu nos parcours, le viognier est doux, la rencontre est belle mais le monde va bien mal. Comment lutter contre la bollorisation des esprits et refaire du collectif ?
Le soir attablé chez Christian. Escargots servis dans le même petit plat que chez Papou et Mamie, côte de porc et melon au poivre. Ces deux saveurs antinomiques s’accordent pourtant parfaitement. J’adore.
Il évoque la joie des nombreuses luttes qu’il a vécu, de “l’appel des 100” pour les conscrits aux grands défilés des Bassines non-merci.
Il a une belle diction, certainement hérité de son passé d’instituteur et de son présent toujours, de militant et de crieur de rue.
Je m’endors sous le regard de Jaurès.









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