Le vent dans le dos, je file dans les wateringues, les polders de l’arrière-pays dunkerquois. Sensation de glisse au creux des champs. si bien que j’en oublie de regarder le gps… Va donc pour un rallongi. 

Et soudain, l’odeur de la marée d’abord, puis le bleu grisâtre de l’océan à l’horizon. Quel pied.

Arrivée à Calais… le Beffroi se pose là. Les

bourgeois de Rodin en seraient presque rikiki.

Le gîte de Bleriot-Plage commence à révéler ses surprises. Ancienne maison de sœurs dominicaines, il a accueilli dans sa grange l’avion de Bleriot himself avant sa première traversée de la Manche !

Chasse aux papillons des sensations du jour :

Filer le long du canal. Essor agricole. Passer de droite à gauche du canal. Un silo marqué «  la Flandre ». Des pêcheurs mais pas de pêcheuses. Les forteresses Vauban alternent avec les blockhaus du mur de Atlantique. Un blockhaus taillé comme un crayon de 20 m planté de guingois dans la forêt. Des chevaux aux air de Spirit, dans des pâtures entre terre et mer. Des moutons qui semblent avoir déjà trop chaud. Le vent, mon ami. Avant de voir la mer, l’odeur de la marée à l’entrée de l’estran de Grand Fort. L’océan, au bout du canal. Le vent mon ennemi. Le phare aux volutes noires et blanches de Grand Fort. Premiers moutons sur la grande bleue, puis des houles de colza où on pourrait se noyer. À travers les champs de jeunes pousses de blé, des houles et des houles de gris vert au gré du vent. À Mark un Spitfire s’envole vers la Lune dans un grand ciel bleu. Des Bourgeois et un dragon calaisis (Khaleesi?). Au magasin, le vélociste serviable regarde mon petit vélo d’un air entendu mi-sceptique, mi-admiratif. Son collègue, très perplexe, dis simplement… « Et en pédale plates ! ».